Par Pierre-Andréa Fraile | Journaliste sportif
Souvent opposé à Roger Federer en finale de Grand Chelem, Rafael Nadal a encore plus régulièrement croisé Novak Djokovic sur le circuit ATP. Et selon ses dires, ses duels contre le Serbe s’avéraient bien plus difficiles à préparer que ceux face au Suisse.
Et il n’en resta qu’un. Rescapé du légendaire Big Three de la planète tennis, Novak Djokovic a vu Rafael Nadal tirer sa révérence en octobre dernier. Deux ans plus tôt, c’est Roger Federer qui mettait un terme à sa glorieuse carrière et qui laissait ses deux plus grands rivaux seuls en tête du classement ATP. De quoi priver les fans de nouveaux affrontements mémorables entre ces trois monuments de la petite balle jaune.
Rafael Nadal révèle la différence entre Federer et Djokovic
À la lutte avec Federer pour la place de n°1 mondial durant la première partie de sa carrière, Nadal a par la suite dû batailler avec Djokovic afin de l’obtenir. Au total, il aura donc croisé le fer avec le Suisse à 40 reprises et se sera retrouvé contre le Serbe pas moins de 60 fois. Désormais retraité, il est revenu en longueur sur ces confrontations dans le podcast Served d’Andy Roddick, et tout d’abord sur celles face à Roger :
Rafael Nadal : Contre Roger, ma stratégie était claire. Quand j’essayais de faire quelque chose, lui essayait de faire l’opposé. Il jouait de manière beaucoup plus agressive. À chaque fois qu’il frappait un coup droit, j’avais l’impression d’être sur le reculoir parce qu’à mes yeux, son coup droit est le meilleur face auquel je me suis retrouvé. Tout ça pour dire que c’était une sorte de partie d’échec contre lui.
Sûr de ses forces et des menaces à éviter face à Federer, l’Espagnol affirme en revanche que ses plans s’avéraient beaucoup plus flous contre Djokovic :
Rafael Nadal : Contre Novak, c’était un peu différent. Nous n’avions pas le même style de jeu, bien sûr, mais contrairement à mes matches face à Federer, je n’avais pas de stratégie claire à appliquer.
Face à Roger, je savais que je pouvais le mettre en difficulté en jouant sur son revers. Contre Novak, je n’avais pas cette impression. Je me disais juste que je devais très bien jouer pendant longtemps et m’ajuster au fil du match. Je ne pouvais pas jouer trop souvent sur son revers, et encore moins lui envoyer des balles hautes parce qu’il arrivait à prendre la balle très tôt après le rebond et à me mettre très en difficulté.
Fin stratège, Rafa a néanmoins trouvé quelques parades pour perturber Nole, sans pour autant présenter un bilan positif face à lui à l’issue de sa carrière (29-31) :
Rafael Nadal : J’ai commencé à utiliser davantage le slice contre lui et parfois, ça m’a bien réussi. D’autres fois, il valait mieux lui envoyer des balles au milieu du court pour ne pas lui donner trop d’angle. Mais en matière de contrôle de balle, je pense que c’est le meilleur joueur que j’aie pu affronter.
Capable de mettre à mal Roger Federer avec une arme bien définie, Rafael Nadal se montrait bien plus impuissant face à Novak Djokovic. Cela explique sans doute le fait qu’il a le plus souvent pris le dessus sur le Suisse, et non pas sur le Serbe.