Par Joël Pütz | Journaliste sportif
Monstres sacrés du football, Michel Platini et Franz Beckenbauer ont croisé le fer à plusieurs reprises au cours de leurs carrières respectives. L’ancien milieu français s’était d’ailleurs montré très clair à propos de son rival allemand, il y a quelques mois.
Impossible de passer à côté de leur rivalité dans les années 70, peut-être l’une des plus belles de l’histoire du football. Pendant longtemps, Franz Beckenbauer et Michel Platini ont fait partie du gratin mondial du ballon rond et sont d’ailleurs toujours de véritables légendes de la discipline, des décennies plus tard. Un statut qu’ils ont également atteint en se faisant bataille sur le gazon, à la moindre rencontre.
Sans grande surprise, c’est donc une relation basée sur un respect mutuel qui s’est formée au fil du temps, les deux hommes devenant même amis. Platini reconnaissait d’ailleurs se retrouver en le « Kaiser », étant donné leurs parcours presque identiques. En janvier 2024, alors qu’on venait d’apprendre le décès de l’ancien libero allemand, l’icône du foot français lui avait donc rendu un hommage vibrant sur Europe 1 :
Michel Platini dithyrambique sur Franz Beckenbauer
J’ai 40 ans de souvenirs avec Franz Beckenbauer, j’ai les souvenirs des années 70 où il était l’un des tous meilleurs joueurs du monde. Et puis j’ai des souvenirs de 40 ans parce qu’on a fait pratiquement les mêmes métiers toute notre vie. On a été joueurs, capitaines de l’équipe nationale, sélectionneurs et puis après on a été dans les institutions mondiales pendant une dizaine d’années. On a organisé le Coupe du Monde, on a pratiquement eu la même vie avec Franz.
C’était un mec très gentil, charmant et sympathique mais il savait ce qu’il voulait. Un peu plus politique que moi, toujours de bonne humeur, toujours là pour aider, toujours sympa. Vraiment, un vrai gentleman Franz. (…) C’était toujours un plaisir de parler football. Notamment des combats qu’il avait eus avec Johan Cruyff. Il m’a raconté des anecdotes, notamment le France-Italie en 1970 à Mexico.
« C’est l’un des plus beaux matchs », il me dit. « Tu rigoles, Michel ? C’est bidon pendant 90 minutes, après la prolongation elle est magnifique. » Et après il y avait une chose que Franz ne comprenait pas, comment on avait pu perdre contre (l’Allemagne) en 1986, en demi-finale à Guadalajara. Il ne comprenait pas, il disait : « Michel, je ne comprends pas, comment on a fait pour vous battre ? »
C’est un merveilleux souvenir, j’ai même fait son jubilé à Munich il y a assez longtemps, il m’avait invité à faire son jubilé au stade, à l’ancien stade de Munich. On a eu une vie, on s’est rencontré pour ses 70 ans, on a été souvent ensemble dans les commissions, c’était un plaisir, c’était vraiment un grand plaisir d’être avec Franz. Il a fait le football allemand, c’est la grande star du football allemand, il a fait l’histoire du football allemand, c’est formidable.
Michel Platini et Franz Beckenbauer ont pratiquement tout connu ensemble, des succès du le gazon à leurs travaux en coulisses au sein des grandes instances de football. Le premier considère donc que le second était pratiquement son jumeau. C’est beau.