Par Pierre-Andréa Fraile | Journaliste sportif
Auteur de ses débuts sur le circuit ATP en 2008, Adrian Mannarino n’y a toutefois croisé la route de Roger Federer qu’à sept reprises. Des matches dont il se rappelle vivement, et en particulier un duel qui représente encore un souvenir très douloureux pour lui.
D’un point de vue global, les joueurs français avaient plutôt tendance à lui réussir. En témoigne son bilan impressionnant de 134 victoires et 28 défaites face à eux. Digne représentant de la Suisse, Roger Federer n’autorisait que rarement ses voisins transalpins à briller sur les courts. Y compris Adrian Mannarino, à qui il n’a laissé aucune chance ou presque durant leur sept affrontements.
L’expérience traumatique d’Adrian Mannarino contre Roger Federer
Passé proche du Top 20 mondial en 2023, Mannarino a plus largement toujours fait preuve d’une remarquable régularité au niveau du classement ATP. Il représentait donc une menace à ne pas négliger pour Federer, qu’il a notamment défié lors de l’US Open 2013. Mais au lieu d’instiguer de la peur chez le Suisse, c’est bien lui qui a abordé cette rencontre avec angoisse. Il se remémore ainsi au micro de l’UTS Tour :
Adrian Mannarino : L’un des moments dont je me souviens le plus, c’est quand j’ai joué Roger de nuit à l’US Open. C’était au troisième tour, un samedi soir, et tu sentais que tout le monde était venu pour voir Roger. Les gens étaient un peu impatients et moi, j’étais tendu parce que je ne jouais pas hyper bien à l’époque. Je me suis dit, « Si ça se trouve, je vais me faire déboîter devant tout le monde, ça va être chaud ! »
Peu rassuré avant même de pénétrer sur le court Arthur Ashe, le Francilien ne l’a pas été davantage une fois arrivé dans l’enceinte :
Adrian Mannarino : Je commence à marcher et il n’y avait pas une énorme ambiance, à part quelques applaudissements. Et là, le speaker a annoncé Roger et t’avais l’impression que le sol tremblait. Dans ces moments-là, tu ne sais plus où t’habites.
Forcément déconcerté et intimidé, Mannarino ne pouvait qui plus est pas s’appuyer sur les conseils offerts au préalable par Gilles Simon pour retrouver ses esprits :
Adrian Mannarino : Contre Roger, tu ne commences jamais bien le match. Tu sais que ça va tout de suite mal se passer. C’est Gilles Simon qui m’avait dit, « Non mais de tout façon, contre Roger, ne cherche même pas à bien commencer le match parce que c’est à ce moment-là qu’il joue le mieux ! » Tu clignes à peine les yeux, tu te retrouves déjà à 0-3 au bout de trois jeux et t’oublies la victoire.
C’est donc sans réel surprise ou déception que l’actuel 145ème joueur mondial s’est lourdement incliné ce soir-là (6-3, 6-0, 6-2), impuissant face à son illustre adversaire.
Joueur parmi les plus mythiques de l’histoire, Roger Federer parvenait à déstabiliser ses adversaires rien qu’avec sa réputation et son aura. Adrian Mannarino l’admet volontiers, lui qui considérait presque avoir déjà perdu avant de l’affronter lors de l’US Open 2013.