Par Joël Pütz | Journaliste sportif
Bien avant Victor Wembanyama, David Robinson s’était imposé comme la figure de proue de San Antonio au cours des années 90. Et pourtant, l’ancien pivot a failli ne jamais poser un orteil sur un parquet NBA, comme il l’avait avoué en interview.
Les Spurs semblent destinés à drafter des big men légendaires, à chaque fois qu’ils touchent le fond. Victor Wembanyama en est une excellente preuve, mais c’est loin d’être la seule. En 1997 par exemple, les Texans se renforçaient à l’aide d’un certain Tim Duncan après une saison cauchemardesque, marquée notamment par la longue absence sur blessure de David Robinson qui était alors le franchise player.
Ce dernier peut également être cité comme cas d’études, lui qui sera drafté avec le first pick en 1987. Sauf qu’il ne fera ses débuts en NBA que deux ans plus tard. Si Robinson a hérité du surnom « L’Amiral », c’est en effet parce qu’il a servi dans la Navy avant de devenir basketteur professionnel. Il a même évolué pendant quatre ans au sein de son équipe de basket-ball, participant ainsi au championnat universitaire américain.
David Robinson tiraillé entre la Navy et la NBA
Monstrueux sur les terrains NCAA, le pivot avait d’ailleurs eu l’occasion de rallier un programme universitaire à plus d’une reprise alors que tout le monde se l’arrachait. Cela aurait également boosté ses chances de rejoindre la NBA, sauf que Robinson n’était pas sûr que ce soit une idée brillante comme il l’avouait en décembre 2023 :
Je ne pensais pas que c’était une si bonne option, parce que, je veux dire, cela semblait encore très improbable.
Je veux dire, vous savez, j’ai joué à Navy, donc ce n’était pas comme si je jouais dans l’ACC, où tous les soirs je jouais contre tous les meilleurs joueurs du pays. Nous avions des matchs occasionnels. Nous avons participé au tournoi NCAA. Nous avons joué contre Maryland, contre Lenny Bias. Nous avons joué contre Dayton – Nous avons joué à Dayton contre LSU.
Je pense que nous nous sentions plus responsables de nous-mêmes à l’époque. Je savais que mon avenir était entre mes mains et que je devais le prendre en main. C’était quelque chose dont j’étais évidemment conscient, et j’avais un bon groupe de gars dans mon équipe, et je sentais que la Navy allait encore m’offrir un grand et solide avenir.
Tiraillé entre les options qui se présentaient à lui, le Hall of Famer restera finalement deux ans de plus à l’armée pour boucler son service avant de rejoindre San Antonio. Une décision qu’il n’a jamais eu à regretter puisque dès sa saison rookie, il envoyait plus de 24 points, 12 rebonds et presque quatre contres de moyenne. Le début d’une carrière phénoménale ponctuée de deux bagues de champion ainsi que d’un MVP de régulière.
David Robinson hésitait à devenir basketteur professionnel car la Navy lui offrait des perspectives d’avenir attirantes et surtout une stabilité sur le long terme, ce qui n’est pas garanti en NBA. Mais il a quand même tenté le coup, au grand bonheur des Spurs.